Bio

L’aventure Pandakroo débute en 1999 à St Etienne, de la rencontre entre 2 artistes – ANT et ETC – avec la création d’un fanzine de BD, le « Panda Magazine ».

Ouvert aux collaborations, le « crew » se forme d’entités aux styles multiples. Collectif ou personnalités multiples émanant d’un seul et même auteur ? Le mystère plane volontairement pour garder ouvertes les possibilités de variations plastiques autour d’une même figure centrale : le Panda.

Un animal pacifique ici personnifié, dont le noir et blanc répond à l’économie de moyens recherchée alors par les artistes, permettant des procédés d’impressions et de reproductions simples et rapides.

Du dessin au graff en passant par la peinture, l’encre, le collage ou le volume, Pandakroo décline son personnage leitmotiv dans diverses postures, formes et mises en scènes, sur toiles – papiers – cartons – stickers – planches de skates ou dans la rue.

En toile de fond apparaissent parfois le geste du peintre, redonnant présence au travail de la main et traduisant une forme d’urgence qui tranche avec la précision du dessin, la méticulosité des collages, la finesse des détails qui reprennent le temps du temps.

Les scènes et décors font autant référence au milieu de la street qu’à celui de l’acte, simple et enfantin, à la fois faussement naïf et réellement enchanteur, de la création. La création comme une parenthèse ouverte, une ôde au ralentissement, à l’épure et à la fugue, nourrie d’imaginaire…

Eclatements, déplacements, raccords, et superpositions… les compositions jouent des entre-deux et invitent aux voyages immobiles, guidés par les pandas – ces passagers décentrés et à la force tranquille, guettant l’horizon empli de promesses tardant à venir, appelant un ailleurs…

Ils apparaissent ainsi comme autant d’alter-égos de l’artiste, ce génie-grand enfant s’inventant ses propres règles pour proposer de nouvelles manières, ludiques et résistantes, d’être au monde : dans l’équilibre, la poésie et la débrouille.

© Leïla Quillacq, 2019.